Le Combat Ordinaire de Manu Larcenet est une BD formidable.
Le quatrième et dernier volet de cette série est paru il y a quelques temps déjà, mais que voulez-vous, on n'a pas toujours le temps de laisser du temps au temps, et, de fil en aiguille, on se retrouve à coudre un message sur du tissu qui dit arrête de divaguer et que voilà z'y pas que je l'ai perdu le fil et que zut de zut de quoi je causais, ah oui de la BD...
Manu Larcenet, stakhanoviste du crayon est l'auteur (entre autres) avec un autre gars du Retour à la Terre, petite série humoristique relativement autobiographique sur un couple qui habite la campagne et dont lui est dessinateur.
On retrouve dans Le Combat Ordinaire la même veine autobiographique, en un peu plus distant. Le personnage principale ressemble toujours à Manu Larcenet, mais s'appelle Marco et est photographe.
Le ton est résolument sérieux. Les personnages traversent la vie, les épreuves, le deuil, le bonheur comme n'importe qui. Au final, tout est très juste, très fin, sans fard. Manu Larcenet en s'interrogeant sur sa vie s'interroge sur nos vies. On peut très facilement se retrouver dans Marco, personnage un peu paumé au début de la série qui trouve les ressources pour traverser la vie et essayer d'en profiter, même si rien n'est jamais tout rose pour personne.
Une très bonne BD. Je prend un très grand plaisir à la lire et la relire de temps de temps. Je vous en recommande chaudement la lecture, amis bloggeurs.
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mardi 10 juin 2008
mardi 20 mai 2008
Comme unique con...
Puisque la taille de mes messages sont inversement proportionnels au nombre de commentaires (merci snoow), j'ai décidé ce matin d'avoir un peu la paix et d'écrire un message un peu plus long que celui d'hier (en même temps, ça va pas être dur, à part se lancer dans une grande série en 26 épisodes intitulée "les lettres de l'alphabet"...).
Donc, ce matin, de quoi que j'vais causer dans le web, de science évidemment, mais surtout de comment les scientifiques communiquent-ils.
Dire que la communication est essentielle en science, ce serait dire que le service est essentiel dans un grand restaurant, on radote à mort, là. Je dirai plutôt que la communication vaut la moitié du travail de scientifique, en temps et en importance. Les colloques, les articles, les séminaires, les réunions font partie intégrante de la science aujourd'hui.
En temps tout d'abord, c'est une activité très prenante (voire très chiante quelque fois). Un article ne s'écrit pas comme ça, au fil de la plume et de l'inspiration. Tout article est basé sur des résultats qui viennent soutenir une réflexion sur un sujet particulier. Donc après avoir fait les expériences et eu les résultats, il faut écrire un article de quelques pages qui présente cette réflexion et les résultats qui vont avec.
Ça n'a rien d'automatique.
En général, les articles sont plus courts que ce que l'on voudrait y mettre. Cela impose une certaine gymnastique, comme pour faire rentrer quatre éléphants dans une deux-chevaux. Ensuite, il faut que le sens reste, c'est à dire que les quatre éléphants n'aient pas l'air d'étouffer, mais de se sentir bien là où ils sont.
Une seule version ne suffit pas. Quand un article est soumis à un journal qui le fait lire à des gens aussi gentils que des inspecteurs des impôts qui vont vérifier si on a mis deux "n" à conard et un à cannard. S'ils ne sont pas contents, ils demandent de refaire des expérience, parfois justifiées, parfois pour faire chier.
Donc écrire un article prend du temps. Préparer une conférence aussi. Le challenge est de rendre un sujet totalement inintéressant en quelque chose d'absolument génial qui fera sauter le public sur les chaises. Cela ne se fait pas en un jour...
Plus important que le temps, la communication en science est ce qui la fait vivre. Un scientifique tout seul, dans son coin ne fera jamais avancer la science. C'est en contact avec les autres que le scientifique avance. Qu'est ce qui se fait en ce moment, dans mon domaine ou ailleurs, les dernières avancées, les dernières méthodes. Pour servir à quelque chose, des résultats doivent être transmis au reste de la communauté scientifique, sinon, ils sont aussi creux qu'un discours de secrétaire général de parti majoritaire en France.
P.S. : Boulet parle de culture poubelle aujourd'hui et fait une comparaison avec l'ADN poubelle, l'ADN qui ne sert à rien...
Donc, ce matin, de quoi que j'vais causer dans le web, de science évidemment, mais surtout de comment les scientifiques communiquent-ils.
Dire que la communication est essentielle en science, ce serait dire que le service est essentiel dans un grand restaurant, on radote à mort, là. Je dirai plutôt que la communication vaut la moitié du travail de scientifique, en temps et en importance. Les colloques, les articles, les séminaires, les réunions font partie intégrante de la science aujourd'hui.
En temps tout d'abord, c'est une activité très prenante (voire très chiante quelque fois). Un article ne s'écrit pas comme ça, au fil de la plume et de l'inspiration. Tout article est basé sur des résultats qui viennent soutenir une réflexion sur un sujet particulier. Donc après avoir fait les expériences et eu les résultats, il faut écrire un article de quelques pages qui présente cette réflexion et les résultats qui vont avec.
Ça n'a rien d'automatique.
En général, les articles sont plus courts que ce que l'on voudrait y mettre. Cela impose une certaine gymnastique, comme pour faire rentrer quatre éléphants dans une deux-chevaux. Ensuite, il faut que le sens reste, c'est à dire que les quatre éléphants n'aient pas l'air d'étouffer, mais de se sentir bien là où ils sont.
Une seule version ne suffit pas. Quand un article est soumis à un journal qui le fait lire à des gens aussi gentils que des inspecteurs des impôts qui vont vérifier si on a mis deux "n" à conard et un à cannard. S'ils ne sont pas contents, ils demandent de refaire des expérience, parfois justifiées, parfois pour faire chier.
Donc écrire un article prend du temps. Préparer une conférence aussi. Le challenge est de rendre un sujet totalement inintéressant en quelque chose d'absolument génial qui fera sauter le public sur les chaises. Cela ne se fait pas en un jour...
Plus important que le temps, la communication en science est ce qui la fait vivre. Un scientifique tout seul, dans son coin ne fera jamais avancer la science. C'est en contact avec les autres que le scientifique avance. Qu'est ce qui se fait en ce moment, dans mon domaine ou ailleurs, les dernières avancées, les dernières méthodes. Pour servir à quelque chose, des résultats doivent être transmis au reste de la communauté scientifique, sinon, ils sont aussi creux qu'un discours de secrétaire général de parti majoritaire en France.
P.S. : Boulet parle de culture poubelle aujourd'hui et fait une comparaison avec l'ADN poubelle, l'ADN qui ne sert à rien...
lundi 28 avril 2008
To torture or not to torture
Telle est "La Question", par Henri Alleg.
Pendant la Guerre d'Algérie, Henri Alleg est membre du PCF et directeur de l'Alger républicain, journal résolument de gauche (donc anticolonialiste). Il est arrêté le 12 juin 1957 par les paras du général Massu en pleine Bataille d'Alger. Il est interné et torturé pendant un mois, avant d'être transféré dans une prison "civile" où il écrit "La Question".
Ce petit livre est la description quasi-clinique de la torture, qu'elle soit morale (conditions d'internement) que physique : il raconte en détails ce que lui et son corps ressentent pendant les séances qu'il subit.
Le livre est très court, mais d'une dureté extrême. La précision des description fait que l'on (res)sent physiquement ce qu'Alleg et tant d'autres ont subit.
C'est un livre essentiel, historique et actuel. Historique car il décrit ce qu'a été la torture, pratiquée par le pays des droits de l'Homme durant la période la plus sombre de son histoire. Actuel car la torture est toujours d'actualité aujourd'hui.
Ceux qui ne s'imaginent peu ou pas ce qu'est torturer un Homme, ce que cela signifie vraiment, doivent absolument lire ce livre.
Pendant la Guerre d'Algérie, Henri Alleg est membre du PCF et directeur de l'Alger républicain, journal résolument de gauche (donc anticolonialiste). Il est arrêté le 12 juin 1957 par les paras du général Massu en pleine Bataille d'Alger. Il est interné et torturé pendant un mois, avant d'être transféré dans une prison "civile" où il écrit "La Question".
Ce petit livre est la description quasi-clinique de la torture, qu'elle soit morale (conditions d'internement) que physique : il raconte en détails ce que lui et son corps ressentent pendant les séances qu'il subit.
Le livre est très court, mais d'une dureté extrême. La précision des description fait que l'on (res)sent physiquement ce qu'Alleg et tant d'autres ont subit.
C'est un livre essentiel, historique et actuel. Historique car il décrit ce qu'a été la torture, pratiquée par le pays des droits de l'Homme durant la période la plus sombre de son histoire. Actuel car la torture est toujours d'actualité aujourd'hui.
Ceux qui ne s'imaginent peu ou pas ce qu'est torturer un Homme, ce que cela signifie vraiment, doivent absolument lire ce livre.
mercredi 27 février 2008
Mai 68, c'est de l'Histoire...
... et mérite un traitement d'Historien (la majuscule est volontaire).
À lire absolument avant que la vague commémorative ne déferle sur la France et n'empêche toute réflexion posée, ce livre écrit par Patrick Rotman (auteur parmi tant d'autres de L'ennemi intime, documentaire sur la Guerre d'Algérie) :
"Mai 68 raconté à ceux qui ne l'ont pas vécu"
Le titre est assez explicite...
C'est très clair, très bien écrit et ça se lit très facilement.
À lire absolument avant que la vague commémorative ne déferle sur la France et n'empêche toute réflexion posée, ce livre écrit par Patrick Rotman (auteur parmi tant d'autres de L'ennemi intime, documentaire sur la Guerre d'Algérie) :
"Mai 68 raconté à ceux qui ne l'ont pas vécu"
Le titre est assez explicite...
C'est très clair, très bien écrit et ça se lit très facilement.
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